Communiqué de presse

Un Hardware Wallet Peut-il Être Piraté ?

Comprendre les risques de piratage, les limites de la sécurité matérielle et les bonnes pratiques pour protéger ses crypto-actifs

PARIS — 6 octobre 2026 — Les hardware wallets sont souvent considérés comme l’une des solutions les plus robustes pour protéger les clés privées liées aux crypto-actifs. Pourtant, aucun dispositif numérique ne doit être considéré comme totalement invulnérable. Une question revient donc régulièrement chez les investisseurs : un hardware wallet peut-il être piraté ?

La réponse dépend de la manière dont l’attaque est menée. Le fonctionnement d’un portefeuille matériel limite certaines formes d’exposition, mais d’autres menaces peuvent viser le logiciel, le firmware, la chaîne d’approvisionnement ou directement l’utilisateur.

Pourquoi un hardware wallet est-il considéré comme sécurisé ?

Un hardware wallet est un appareil physique conçu pour conserver et utiliser les clés privées dans un environnement spécialement dédié.

Contrairement à un portefeuille logiciel classique, les clés privées sont conçues pour rester isolées de l’environnement général d’un ordinateur ou d’un smartphone.

Lorsqu’une transaction est préparée, le portefeuille peut utiliser la clé privée pour générer une signature sans avoir besoin de révéler directement cette clé à l’appareil connecté.

Cette architecture réduit notamment certains risques associés aux logiciels malveillants présents sur un ordinateur ou un smartphone.

Un hardware wallet peut-il réellement être piraté ?

Oui, un hardware wallet peut être confronté à différentes formes d’attaque, mais cela ne signifie pas qu’un pirate peut simplement « entrer » dans l’appareil et récupérer les crypto-actifs.

Les attaques peuvent cibler plusieurs éléments :

  • le firmware de l’appareil ;
  • les logiciels utilisés avec le portefeuille ;
  • la chaîne d’approvisionnement ;
  • les mises à jour ;
  • les communications avec des applications externes ;
  • la phrase de récupération ;
  • ou directement l’utilisateur.

Il est donc plus pertinent de parler de surface d’attaque que d’imaginer un simple piratage à distance.

Le rôle du firmware dans la sécurité

Le firmware constitue une partie essentielle du fonctionnement d’un hardware wallet.

Une compromission du firmware pourrait, selon l’architecture du dispositif et la nature de l’attaque, avoir des conséquences importantes sur la sécurité des clés ou des transactions.

C’est pourquoi les utilisateurs doivent installer les mises à jour provenant uniquement des sources officielles du fabricant.

Une mise à jour obtenue depuis un site douteux, un fichier partagé sur un forum ou un lien envoyé par un inconnu peut présenter un risque.

Les attaques ne viennent pas toujours du portefeuille lui-même

L’un des principaux malentendus concernant les hardware wallets consiste à penser que l’appareil suffit à éliminer tous les risques.

En réalité, l’environnement autour du portefeuille reste important.

Un attaquant peut par exemple tenter de :

  • imiter le site officiel d’un fabricant ;
  • diffuser une fausse application ;
  • créer une campagne de phishing ;
  • envoyer une fausse alerte de sécurité ;
  • inciter l’utilisateur à révéler sa phrase de récupération ;
  • présenter une adresse frauduleuse avant la signature d’une transaction.

Dans plusieurs de ces scénarios, le hardware wallet peut fonctionner normalement. Le problème vient alors de la manipulation effectuée par l’utilisateur.

Le phishing : une menace majeure pour les utilisateurs

Le phishing reste l’une des techniques les plus simples pour cibler les détenteurs de crypto-actifs.

Un utilisateur peut recevoir un message prétendant provenir du fabricant de son portefeuille. Le message peut lui demander de confirmer son compte, de restaurer son portefeuille ou de saisir sa phrase de récupération.

Cette demande doit immédiatement éveiller les soupçons.

Une phrase de récupération ne doit jamais être communiquée à un tiers.

Même si le message semble provenir du support technique, l’utilisateur doit vérifier l’information directement depuis les canaux officiels du fabricant.

Peut-on voler les crypto-actifs sans connaître la clé privée ?

Une attaque peut chercher à obtenir le contrôle des actifs sans nécessairement extraire directement la clé privée.

Par exemple, un utilisateur peut être trompé et autoriser une transaction vers une adresse contrôlée par un attaquant.

Dans ce cas, le hardware wallet peut avoir correctement exécuté sa fonction : il a signé une transaction demandée par l’utilisateur.

C’est pourquoi vérifier les informations d’une transaction avant de la signer constitue une étape essentielle de la sécurité.

Les attaques par logiciel restent possibles

Même lorsqu’un hardware wallet protège les clés privées, l’ordinateur ou le smartphone utilisé pour préparer une transaction peut être compromis.

Un logiciel malveillant peut notamment tenter de modifier certaines informations affichées à l’utilisateur.

Les mécanismes de vérification intégrés au hardware wallet sont donc importants. Lorsque cela est possible, l’utilisateur doit contrôler directement sur l’appareil les informations essentielles avant de confirmer une opération.

Qu’en est-il des attaques physiques ?

Un hardware wallet étant un appareil physique, il peut également être soumis à des attaques physiques.

La difficulté d’une telle attaque dépend notamment du modèle, de son architecture matérielle et des protections mises en œuvre par le fabricant.

Pour la plupart des utilisateurs, les menaces les plus courantes restent toutefois liées aux erreurs humaines, au phishing, aux logiciels malveillants et à la mauvaise conservation des informations de récupération.

Le risque d’un hardware wallet acheté d’occasion

L’origine de l’appareil mérite également une attention particulière.

Acheter un hardware wallet auprès d’un vendeur non officiel peut introduire des risques supplémentaires. L’utilisateur ne connaît pas nécessairement l’historique de l’appareil ni les éventuelles manipulations qui ont pu être réalisées avant son achat.

Pour limiter ce risque, il est préférable de :

  • acheter auprès du fabricant ou d’un revendeur reconnu ;
  • vérifier l’intégrité de l’emballage ;
  • suivre les procédures de vérification recommandées par le fabricant ;
  • effectuer la configuration initiale soi-même ;
  • ne jamais utiliser une phrase de récupération fournie avec l’appareil.

Un portefeuille matériel légitime ne doit pas être livré avec une phrase de récupération déjà configurée que l’utilisateur serait simplement invité à utiliser.

Que se passe-t-il si la phrase de récupération est volée ?

C’est l’un des scénarios les plus importants à comprendre.

La phrase de récupération peut permettre de restaurer l’accès aux crypto-actifs associés au portefeuille. Si elle est copiée par un attaquant, la sécurité du hardware wallet ne suffit plus à protéger les fonds.

Le dispositif physique peut être parfaitement intact alors que les actifs restent vulnérables.

La phrase de récupération doit donc être traitée comme une information hautement confidentielle.

Elle ne doit notamment pas être :

  • photographiée et conservée dans la galerie du téléphone ;
  • envoyée par e-mail ou messagerie ;
  • enregistrée dans un cloud non sécurisé ;
  • saisie sur un site Web ;
  • communiquée au support technique.

Un hardware wallet protège-t-il contre toutes les attaques ?

Non.

Son objectif principal est de renforcer la protection des clés privées et de réduire certaines formes d’exposition numérique.

Il ne protège pas automatiquement contre :

  • le phishing ;
  • les faux sites Web ;
  • les fausses applications ;
  • les transactions frauduleuses validées par l’utilisateur ;
  • la divulgation de la phrase de récupération ;
  • l’utilisation d’un appareil compromis ;
  • les erreurs de configuration ;
  • les appareils provenant de sources douteuses.

La sécurité doit donc être considérée comme un ensemble de pratiques, et non comme une caractéristique unique du matériel.

Comment réduire les risques de piratage ?

Quelques habitudes permettent de renforcer considérablement la sécurité d’un hardware wallet.

Utiliser les canaux officiels

Les applications, firmwares et informations de sécurité doivent être obtenus auprès des sources officielles du fabricant.

Vérifier chaque transaction

Avant de signer, l’utilisateur doit contrôler les informations importantes, notamment l’adresse et le montant.

Protéger la phrase de récupération

La phrase de récupération doit rester secrète et être conservée dans un environnement sécurisé.

Éviter les appareils suspects

Un portefeuille matériel ne devrait pas être configuré ou utilisé sur n’importe quel appareil sans précaution.

Se méfier des messages urgents

Les demandes prétendant nécessiter une action immédiate, une restauration du portefeuille ou la communication de la phrase de récupération sont particulièrement suspectes.

Maintenir le matériel à jour

Lorsque le fabricant publie une mise à jour de sécurité, celle-ci doit être appliquée en suivant exclusivement les procédures officielles.

Hardware wallet : une sécurité renforcée, mais pas absolue

La principale force d’un hardware wallet réside dans son architecture et dans sa capacité à isoler les clés privées de nombreux risques liés aux appareils connectés.

Cependant, la sécurité matérielle ne remplace pas la vigilance de l’utilisateur.

Un portefeuille bien conçu peut réduire une partie de la surface d’attaque, mais la gestion des clés, la vérification des transactions et la protection de la phrase de récupération restent essentielles.

Conclusion

Alors, un hardware wallet peut-il être piraté ? Oui, différentes attaques peuvent cibler le matériel, son firmware, son environnement logiciel ou l’utilisateur lui-même.

Cela ne signifie pas qu’un hardware wallet est une solution peu sûre. Au contraire, son architecture vise précisément à réduire certaines catégories de risques associés à la conservation des clés privées sur des appareils connectés.

La meilleure approche consiste à combiner un matériel fiable avec de bonnes pratiques : acheter auprès d’une source officielle, protéger sa phrase de récupération, vérifier chaque transaction et rester vigilant face au phishing.

En matière de crypto-actifs, la sécurité ne repose donc pas uniquement sur le portefeuille. Elle repose aussi sur la manière dont celui-ci est utilisé.

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À propos des Hardware Wallets

Les hardware wallets, ou portefeuilles matériels, sont des dispositifs conçus pour renforcer la protection des clés privées utilisées pour gérer des crypto-actifs.

Ils s’inscrivent dans une approche d’auto-garde dans laquelle l’utilisateur conserve le contrôle de ses actifs et assume la responsabilité de ses clés privées et de sa phrase de récupération.

Comprendre les limites et les avantages de cette technologie permet aux utilisateurs de mieux évaluer les risques et d’adopter une stratégie de sécurité adaptée à leurs besoins.

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